Le scalp18 appelle les électeurs à ne pas faire cadeau de leurs voix aux obscurantistes du FN et à utiliser le droit de vote pour frapper le gouvernement de Sarkozy là où cela fait mal.
Le principal moyen pour se débarrasser de ce gouvernement reste la sanction électorale.
C’est aussi, pour les salariés, un moyen beaucoup moins coûteux et risqué que la grève.

En 2 années d’exercice du pouvoir, le président a usé sa popularité en un temps record.
Pour l’instant, la crise a servi d’alibi pour laisser au gouvernement le temps de corriger ses erreurs les plus grossières, comme celle du bouclier fiscal.
Si ce scrutin ne constitue pas un désaveu franc et massif de cette politique, la contestation du gouvernement de droite sera beaucoup plus difficile à la rentrée de septembre/octobre.
Inversement, si l’échéance européenne exprime l’indignation de ceux qui ont vu la crise utilisée comme une opportunité pour redistribuer les richesses du pays aux amis du président, alors l’UMP pourra être neutralisée.
Même avec une télévision qui rampe devant son maître et ressort l’Insécurité dès qu’il est menacé, Sarkozy pourra être mis hors d’état de nuire, si une grève générale dure succède à une déculottée électorale.
L’enjeu de cette élection dépasse donc le cadre européen et aura inévitablement des conséquences sur la politique menée au niveau national par la droite.

Le FN parait aujourd’hui affaibli.
Malheureusement, comme pour toutes les forces de régression, la crise peut lui permettre de profiter du désespoir de chômeurs et de pauvres de plus en plus maltraités.
Il est toujours plus facile de trouver du travail à un chômeur “français” en lui donnant un emploi occupé par un “immigré” que de se poser les questions économiques de fond :
Comment la richesse économique peut elle être produite ?
D’où vient le Chômage ?
Certains n’estimeraient ils pas avoir intérêt à maintenir un chômage de masse pour mettre les salariés en concurrence ?
Inversement, pour les dirigeants de droite, le plein emploi ne constitue-t-il pas un risque politique majeur : celui de voir, comme dans les années soixante, des salariés mettre en concurrence leurs employeurs ?
Le plein emploi génère inévitablement des luttes contre l’injustice sociale, puisque la principale réalité qui empêche aujourd’hui les salariés de revendiquer, c’est précisément la peur de perdre leurs emplois ! Et il y a bien longtemps, que le quasi plein emploi des années soixante a disparu, justement après les années post 68...

Le FN peut profiter du sentiment d’abandon qui habite un grand nombre de salariés qui comprennent bien, ou qui se doutent, qu’ils vont devoir payer pour les erreurs commises par des élites imprégnées d’un système qui valorise l’égoïsme et la rapacité.
La politique du bouc émissaire ne doit pas faire illusion.

Nous appelons donc les électeurs à voter à gauche, pour le parti de leur choix, mais à ne pas se laisser aller à l’abstention, comme le silence de la télévision gouvernementale autour de ces élections nous y invite.
Sarkozy a compris que sa seule chance de limiter le désaveu électoral, c’est d’organiser le silence autour de ces élections pour obtenir l’abstention la plus forte possible.
Les électeurs ne doivent pas se laisser manipuler de cette manière, tout comme ils ont intérêt à comprendre que l’Insécurité est un thème utilisé par la droite pour dissimuler l’injustice sociale.