Le concert néo-nazi prévu pour le samedi 18 avril 2009, aux environs de Tours, devrait être une nouvelle illustration d’une conception pervertie de la liberté d’expression.


Non, la liberté d’expression, n’a jamais consisté à organiser des concerts néo-nazis dont l’objectif ne peut être que de recruter de nouveaux adhérents d’organisations plus ou moins explicitement néo-nazies.
Oui, les associations ou partis néo-nazis, néo-pétainistes ou néo-fascistes ne se contentent pas d’agiter des idées en l’air ; elles agissent, elles pèsent pour que les racismes influent sur les politiques mises en oeuvre par les gouvernements.
Faut il vraiment rappeler la proportion dans laquelle Sarkozy a inséré des discours proches du programme du FN lors de sa campagne, avant d’appliquer en matière d’immigration et de sécurité des lois directement attentatoires aux principes de Liberté, d’Egalité et de Fraternité ?
Aujourd’hui le droit d’asile n’est pas appliqué dans notre “patrie des droits de l’Homme”.
Si Sarkozy est le principal responsable de cette situation, le FN a également contribué à banaliser les discours et les lois racistes.

Alors qui a, aujourd’hui, intérêt à voir se développer une extrême droite ouvertement néo-nazie ?
En réalité personne, mais dans les cerveaux allégés qui pensent la politique comme un sénateur de la Rome antique compte ses esclaves, l’idée que ce type de dérive puisse servir les intérêts mal compris d’une UMP fragilisée, cette idée peut germer.
Lors de la manif anti-OTAN du 4 avril, le pouvoir sarkozien a bien montré sa volonté d’instrumentaliser les casseurs pour discréditer les opposants au gouvernement et dresser la population locale contre les anti-OTAN.
Il ne s’agit au fond que d’une réactualisation de la bonne vieille stratégie de la tension ( utilisée dans les années post 68 ), qui consiste à pousser les contestataires à la surenchère pour isoler les radicaux de la grande masse et faciliter à la fois la répression et la propagande gouvernementale.
Pousser une partie de l’extrême droite à la radicalisation peut également être une stratégie du pouvoir sarkozien.
Ce peut être un moyen d’affaiblir le FN, en exacerbant la division entre les radicaux et ceux qui recherchent l’apparence de la respectabilité.
Ce peut être également un moyen de le renforcer, volontairement ou
involontairement !
Il vaut mieux ne pas oublier que, contrairement à Chirac ( pour lequel nous n’éprouvons aucune nostalgie ), Sarkozy n’a jamais exclu une alliance avec le FN, surtout si celui-ci devait être dirigé par une Marine Le Pen moins stupidement provocante que son père.

Quoi qu’il en soit des calculs sarkoziens, cette famille politique a toujours montré la proximité qui existe entre le totalitarisme économique des ultras-libéraux et le totalitarisme politique d’un FN plus ou moins bien maquillé.
Pour mémoire, l’un des tout premiers pays à avoir appliqué les théories de l’économiste ultra-libéral Milton Friedman a été le Chili de Pinochet...

Nous devons donc dénoncer l’inacceptable complaisance dont ces apprentis du crime contre l’Humanité ont jusqu’à ce jour bénéficié.
Nous devons demander l’interdiction de ce concert.
Les paroles du groupe Lemovice sont une apologie claire du nazisme.
La loi républicaine doit tracer la limite de l’acceptable.
L’apologie du crime contre l’Humanité n’est pas une activité comme les autres.
C’est une activité qui précède et favorise le passage à l’acte.
Si une politique de prévention de la délinquance de droit commun est légitime et pratiquée, comment justifier l’absence de politique de prévention du crime contre l’Humanité ?
L’extrême droite se développe grâce au Chômage, à la Pauvreté, aux Inégalités et grâce à toutes les faiblesses des démocrates.
Nous ne pouvons pas contraindre le gouvernement de Sarkozy à lutter contre ces fléaux.
Mais nous pouvons résister à sa politique.
Nous pouvons demander à ce qu’une interdiction de ce concert vienne réaffirmer que les organisations criminogènes n’ont pas la même valeur que les organisations démocratiques.
Notre passivité serait une erreur indéfendable face aux néo-nazis, comme face à ceux qui ont suscité leur développement par des politiques économiques qui placent le marché devant les droits de l’Homme.

Nous demandons donc l’interdiction de ce concert à la Préfecture de Tours.